Mort à l’ère du numérique

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Le décès d’un proche est une étape difficile sur le plan émotionnel et peut devenir véritablement pesant lorsqu’il s’agit de s’occuper du patrimoine numérique de la personne disparue. À la gestion de cet héritage s’ajoute l’injonction à pérenniser sous une forme numérisée son vécu, ses réalisations et sa personnalité. Si la défunte ou le défunt n’a laissé aucune recommandation, ses héritiers – juridiques et moraux – se retrouvent souvent démunis devant cette masse de données numériques intimes. Les nouvelles possibilités offertes par Internet, les réseaux sociaux, et aussi par l’IA, bouleversent les rituels de deuil habituels, et posent la question des besoins dans le domaine mortuaire.

 

Teneur de l'étude

Cette étude interdisciplinaire devra évaluer les opportunités et les risques des technologies existant dans le domaine de la prévoyance funéraire, de la gestion des données numériques de la personne disparue et du travail de deuil.

Elle donnera un aperçu des diverses technologies touchant à ce domaine et s’efforcera de répondre aux questions non seulement techniques, juridiques, éthiques, sociétales, mais aussi anthropologiques, psychologiques et philosophiques qu’elles soulèvent.

Elle pourra également aborder l’influence de la pandémie de COVID-19 sur ces nouvelles technologies et leur degré d’acceptation par la population et les institutions suisses. Par contre, cette étude ne traitera pas les questions relatives à la cryogénisation, au transhumanisme et, plus généralement, à la volonté de repousser médicalement la mort.

Après une introduction sur les spécificités du contexte juridique suisse et une comparaison avec les pratiques dans d’autres pays européens, cette étude donnera un éclairage juridique, mais aussi éthique sur les points à prendre en compte lors d’un héritage numérique.

Il sera aussi important d’ouvrir le débat sur la propriété intellectuelle. La technologie permet aujourd’hui de faire revivre une personne disparue et même de la faire « travailler ». Les questions juridiques et éthiques à ce sujet doivent être abordées.

L’étude analysera le changement de normes et les nouveaux rituels dans la communication sur le décès et le travail de deuil. Elle évaluera notamment l’influence des nouvelles technologies numériques comme l’IA sur les endeuillés et proposera des recommandations à ce sujet.

Cette étude renseignera également le monde politique et les professionnels du domaine funéraire sur les mesures à prendre afin de gérer au mieux la transition numérique dans ce domaine. Cette étude devrait provoquer le débat et stimuler la divulgation de ces connaissances chez ces entités ainsi que chez les citoyennes et citoyens. L’utilisation de méthodes participatives ou l’organisation d’un événement public sont à envisager.

En conclusion, l’étude procèdera à une évaluation d’ensemble de l’influence des technologies numériques dans la prévoyance funéraire, la gestion des données numériques d’une défunte ou d’un défunt et le travail de deuil. Elle tirera des conclusions et, si possible, des recommandations à l’intention des parlementaires, des juristes, des professionnels du domaine funéraire et de la population sur la manière d’aborder cette question.

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